Les Nuits des étoiles auront lieu les 2, 3 et 4 août 2019. 


Il y a un demi-siècle, les astronautes des missions Apollo collectaient à la surface de la Lune les premières pierres extraterrestres. Quelques dizaines de kilos de cailloux, ainsi que de la poussière, soigneusement conservés pour analyse dans des laboratoires stériles. En tout, pour l’ensemble du programme, plus de 300 kilos d’échantillons collectés sur six sites explorés par douze hommes dont… un seul scientifique géologue. Deux missions automatiques russes ont agrandi cette collecte de quelques centaines de grammes ramenés par les sondes Luna sur le territoire soviétique.

Depuis, la collecte des pierres venues de l’espace s’est augmentée en 2005 des poussières collectées par la sonde japonaise Hayabusa 1 sur la surface de l’astéroïde Itokawa ; de celles ramenées l’année d’avant par la sonde Stardust après son passage dans la queue de la comète Wild 2 ; et, en septembre 2004, de l’infime matériau survivant au crash de la capsule transportant des particules de vent solaire par la mission Genesis. En tout un brin de Lune, un soupçon d’astéroïde, une pincée de comète et une quantité infinitésimale de gaz solaire. C’est peu mais c’est précieux !

Dans sa course autour du Soleil, la Terre elle-même heurte des poussières et des cailloux qui pénètrent dans son atmosphère et atteignent parfois le sol. Ce sont les étoiles filantes, comme les fameuses Perséides du mois d’août, des poussières issues de la comète périodique Swift-Tuttle, qui heurtent à grande vitesse le « pare-brise » de l’atmosphère terrestre, brûlent en haute altitude, avant de rejoindre le sol. Ce sont aussi les météorites, des « cailloux » pierreux et métalliques, qui proviennent de la ceinture des astéroïdes situées entre Mars et Jupiter ; mais aussi, de façon beaucoup plus rare, de la Lune et de la planète Mars. Tous et toutes proviennent du Système solaire, brûlent en traversant les hautes couches de l’atmosphère, et après avoir été recueillies par des amateurs ou des particuliers, enrichissent les collections des musées, des collectionneurs, et nos connaissances des lieux dont ils proviennent.

Mais pour faire « parler » les pierres du ciel, l’idéal – le rêve – c’est de les collecter sur place, sans les altérer, ni les polluer, et de les transporter dans les meilleurs laboratoires de la Terre. Ce « retour d’échantillons » est au cœur des projets martiens pour la décennie future. Un exercice délicat qui suppose de stériliser tous les instruments en contact avec les matériaux collectés et de choisir avec un très grand soin les sites de prospection. Beaucoup d’efforts et beaucoup d’imaginations sont nécessaires pour qu’une poignée de cailloux martiens raconte un jour l’histoire de la planète rouge. Scientifiques, ingénieurs techniciens y croient et ont convaincu les agences spatiales qu’ils sont capables de relever ce défi de la connaissance. Après Mars express, Curiosity ou Insight, les missions comme ExoMars et Mars 2020 préparent ce futur.

Dans le Système solaire, les pierres racontent les histoires des étoiles qui les ont formées. Elles sont les grimoires des temps passés et témoignent des évolutions planétaires. Si elles sont toutes parentes, leurs planètes, lunes et petits corps, sont aussi toutes différentes. C’est cette diversité, ces histoires – mythiques comme scientifiques – qui seront au cœur de ces nouvelles Nuits des étoiles. Des pierres de la Lune à celles de Mars, en passant par les étoiles filantes, météorites, astéroïdes et morceaux de comètes, l’Univers nous parle. Nous devons apprendre à le lire et à l’écouter. Pour le plaisir de la découverte, le plaisir de l’observation de la nature et de son ciel étoilé. Pour un partage d’émotions en famille. Parce que c’est beau, tout simplement.

Sondage


Comment s’est formée notre la Voie lactée ? Comment les trous noirs se développent-ils ? Quelle est l’origine de notre système solaire ? Existe-t-il d’autres mondes capables d’accueillir la vie ?Il s’agit là de quelques questions auxquelles nos missions scientifiques actuelles sont destinées à répondre. Mais quelles sont, selon vous, les questions les plus essentielles auxquelles nos futures missions devraient s’attaquer ? C’est l’occasion de nous le dire.

Günther Hasinger, Directeur scientifique de l’ESA, invite le public à partager ses points de vue sur les questions que Voyage 2050, le programme spatial de l’ESA pour la période 2035-2050, devrait soulever. Cette consultation publique s’ouvre aujourd’hui et se poursuivra jusque fin juin.  

C’est la première fois que l’ESA invite le public à participer à ce dialogue. 

« Nos missions sont financées par les États membres, c’est-à-dire leurs citoyens », explique le Directeur Hasinger. « Nous souhaitons encourager le public à s’approprier le programme de sciences spatiales et à s’y impliquer, c’est pourquoi nous voulons entendre le point de vue de chacun et choisir notre prochaine série de missions de manière ouverte et transparente. »

Le
 Sondage n’exige aucune connaissance spécialisée sur les sujets des sciences spatiales et il a été spécialement préparé pour guider les participants à travers une série de questions. 

Chaque décennie environ, l’ESA consulte la communauté scientifique européenne pour planifier l’avenir de son programme scientifique. Le plan actuel, Cosmic Vision 2015-2025, couvre une série de missions qui seront lancées et exploitées d’ici le début des années 2030, et il est le fruit d’une consultation des scientifiques européens qui a débuté en 2005. Les missions de la Cosmic Vision porteront sur des questions profondes sur la nature et l’origine de notre système solaire et de l’Univers dans son ensemble.Entretien avec le Directeur Hasinger
Access the videoLes missions révolutionnaires en sciences spatiales peuvent prendre jusqu’à vingt ans, de la conception à la production de résultats scientifiques, en passant par le développement et le lancement. La mission pionnière Rosetta, lancée en 2004 pour rejoindre la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko et larguer un atterrisseur à sa surface en 2014, trouve ses racines dans le programme Horizon 2000, un plan encore plus précoce lancé dans les années 1980. 

Bien que cela puisse paraître loin dans le futur, il est déjà temps de commencer à planifier au-delà de l’horizon actuel, pour les décennies jusqu’en 2050. 

Cette perspective tournée vers l’avenir est cruciale pour l’Europe, car elle nourrit la confiance et les objectifs communs pour les efforts de collaboration soutenus des scientifiques, des ingénieurs, de l’industrie et des organismes de financement pendant plusieurs décennies. La planification stratégique à long terme garantit également la poursuite du développement de technologies innovantes tout en faisant progresser l’expertise de l’Europe en matière de recherche dans un large éventail de domaines scientifiques. 

« Cette consultation représente une opportunité passionnante pour les sciences spatiales européennes », a déclaré le Directeur Hasinger. « Nous nous pencherons sur les réalisations potentielles de l’avenir, et cela signifie que nous encourageons particulièrement les jeunes à faire part de leurs points de vue. Après tout, ce sont eux qui travailleront sur ces missions et qui en profiteront. »

ESA

La toile d'araignée

                                Credits: ESA/Hubble, NASA;

Cette toile sombre et enchevêtrée est un objet nommé SNR 0454-67.2. Il s’est formé de manière très violente - c’est un vestige de supernova, créé après la mort d’une étoile gigantesque en une explosion cataclysmique et en projetant son matériau constitutif dans l’espace environnant. Cela a créé la formation en désordre que nous voyons dans cette image du télescope spatial Hubble de la NASA / ESA, avec des fils de serpentins rouges au milieu de nuages sombres et turbulents.

SNR 0454-67.2 est situé dans le Grand Nuage Magellan, une galaxie spirale naine située à proximité de la Voie Lactée. Le reste est probablement le résultat d'une explosion de supernova de type Ia; cette catégorie de supernovae est formée à partir de la mort d'une étoile naine blanche, qui grandit et grandit en siphonnant le matériau d'un compagnon stellaire jusqu'à atteindre une masse critique, puis exploser.

Comme elles se forment toujours via un mécanisme spécifique, ces explosions ont toujours une luminosité bien connue et sont donc utilisées comme marqueurs (bougies standard) permettant aux scientifiques d’obtenir et de mesurer des distances dans tout l’Univers.


Insight dévoile la plaine martienne d'Elysium

                                UNE DES PREMIÈRES PHOTOS RÉALISÉES PAR LA SONDE INSIGHT SUR MARS. © NASA/JPL-CALTECH

La sonde américaine Insight a envoyé sa première photo d’un nouveau paysage martien — le 8e depuis 1976 —, peu après avoir atterri sur Mars.

Découverte d’une planète tellurique autour 
de l’étoile de Barnard

                                CRÉDIT: ESO/M. KORNMESSER

L’étoile la plus proche du Soleil abrite une exoplanète dont la masse excède les 3,2 masses terrestres, soit une super-Terre. L’une des plus vastes campagnes d’observation destinée à recueillir les données issues d’un réseau de télescopes terrestres parmi lesquels figure l’instrument HARPS, le chasseur de planètes de l’ESO, a mis au jour l’existence de ce monde glacé et peu éclairé. Cette planète nouvellement découverte constitue la seconde exoplanète la plus proche de la Terre. Elle orbite autour de l’étoile de Barnard, qui se déplace rapidement dans le ciel nocturne.

Une planète a été découverte en orbite autour de l’étoile de Barnard, distante de quelque 6 années lumière de la Terre. Cette nouvelle, qui fait l’objet d’une publication ce jour au sein de la revue Nature, est le fruit des campagnes Red Dots et CARMENES axées sur la recherche de planètes rocheuses voisines, et qui récemment ont permis la découverte d’un nouveau monde autour de notre plus proche voisine, Proxima Centauri.

La planète, labellisée Etoile b de Barnard, constitue désormais la seconde expolanète connue la plus proche de la Terre [1]. Les données acquises suggèrent d’assimiler cette planète à une super-Terre, dotée d’une masse supérieure à 3,2 masses terrestres, et d’une période orbitale voisine de 233 jours. L’Etoile de Barnard, soit l’étoile hôte de cette planète, est une naine rouge, en d’autres termes une étoile froide de faible masse, qui n’éclaire que faiblement ce monde nouvellement découvert. En effet, cette planète ne reçoit de son étoile hôte que 2% de l’énergie que la Terre reçoit du Soleil.

Sa distance à l’étoile hôte est faible – 0,4 fois la distance séparant la Terre du Soleil. Cette exoplanète se situe pourtant non loin de la ligne des glaces, cette frontière à partir de laquelle les composés volatils telle l’eau peuvent se condenser en glace solide. Ce monde froid et obscur pourrait être caractérisé par une température de surface de -170°C, ce qui la rendrait inhospitalière pour la vie telle que nous la connaissons.

Baptisée en l’honneur de l’astronome E. E. Barnard, l’étoile de Barnard est l’étoile simple la plus proche du Soleil. Probablement deux fois plus âgée que notre Soleil, et relativement inactive, elle est animée d’un mouvement apparent supérieur à celui des autres étoiles peuplant le ciel nocturne [2]. Les super-Terres sont les planètes les plus communément découvertes autour d’étoiles de faible masse telle l’étoile de Barnard, ce qui accrédite ce candidat planétaire nouvellement découvert.  En outre, les théories actuelles relatives à la formation planétaire stipulent que la ligne des glaces constitue le site de formation idéal de telles planètes.
Les recherches antérieures de planète autour de l’étoile de Barnard s’étaient révélées infructueuses. Cette découverte récente a été permise par l’utilisation combinée de données issues de plusieurs instruments de haute précision installés sur des télescopes du monde entier [3].

“Une analyse particulièrement poussée nous permet de prévoir l’existence de cette planète avec une probabilité de 99%”, assure Ignasi Ribas (Institut des Etudes Spatiales de Catalogne et Institut des Sciences Spatiales, CSIC, Espagne), responsable de l’équipe scientifique. “Toutefois, nous continuerons d’observer cette étoile dotée d’une vitesse élevée afin d’exclure les possibles – mais improbables – variations naturelles de luminosité stellaire d’origine autre que planétaire. ”

Parmi les instruments utilisés figurent les célèbres spectrographes HARPS et UVES de l’ESO, dédiés à la recherche d’exopanètes. “HARPS a joué un rôle essentiel dans ce projet. Nous avons combiné les données d’archives acquises par d’autres équipes avec de nouvelles mesures de l’étoile de Barnard effectuées au moyen d’installations différentes”, précise Guilhem Anglada Escudé (Université Queen Mary de Londres), co-responsable scientifique de l’équipe à l’origine de ce résultat [4].”L’utilisation combinée de ces différents instruments fut déterminante, permettant de recouper nos résultats.” 

Les astronomes ont utilisé l’effet Doppler pour détecter le candidat exoplanète. En orbitant autour de son étoile hôte, la planète exerce une attraction gravitationnelle qui se traduit par l’oscillation de l’étoile. Lorsque l’étoile s’éloigne de la Terre, son spectre se décale vers le rouge – en d’autres termes, vers de plus grandes longueurs d’onde. A l’inverse, lorsque l’étoile se rapproche de la Terre, la lumière qu’elle émet se décale vers des longueurs d’onde plus courtes – vers le bleu en l’occurrence.   

Les astronomes utilisent cet effet pour déterminer, avec une extrême précision, les variations de vitesse de l’étoile générées par la présence d’une exoplanète. En effet, l’instrument HARPS est capable de détecter des variations de vitesse stellaire de l’ordre de 3,5 km/h – ce qui correspond à la vitesse de marche. Cette méthode de recherche des exoplanètes est connue sous l’appellation de méthode des vitesses radiales. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais été utilisée pour détecter une exoplanète de type super-Terre située à si grande distance de son étoile hôte.

“Nous avons utilisé les données d’observation issues de sept instruments différents acquises sur une période de 20 ans, ce qui constitue l’ensemble de données le plus vaste et le plus complet utilisé à ce jour dans le cadre d’études de vitesses radiales” précise Ignasi Ribas. “La combinaison de l’ensemble des données représente un total de 771 mesures – ce qui constitue un vaste ensemble d’informations !” 
“Cette découverte constitue le fruit d’un travail collectif et acharné”, conclut Guilhem Anglada-Escudé. “Elle résulte d’une vaste collaboration dans le cadre du projet Red Dots, qui regroupe les contributions d’équipes du monde entier. Des observations de suivi sont déjà effectives depuis différents observatoires à travers le monde.” 

Notes
[1] Les seules étoiles situées à plus grande proximité du Soleil composent le système stellaire triple baptisé Alpha Centauri. En 2016, des astronomes utilisant les télescopes de l’ESO et d’autres installations, ont découvert les preuves de l’existence d’une planète en orbite autour de l’étoile la plus proche de la Terre au sein de ce système, Proxima Centauri. Cette planète se situe à quelque 4 années lumière de la Terre. Elle fut découverte par une équipe pilotée par Guillem Anglada Escudé.

[2] La vitesse totale de l’étoile de Barnard relativement au Soleil est voisine de 500 000 km/h. En dépit de ce rythme effréné, elle n’est pas l’étoile la plus rapide connue. La vitesse à laquelle cette étoile semble se déplacer sur le fond de ciel nocturne, vue depuis la Terre, soit son mouvement apparent, est particulièrement remarquable en revanche. L’Etoile de Barnard parcourt une distance équivalant au diamètre de la Lune en l’espace de 180 ans – cela peu sembler peu, mais c’est de loin le mouvement apparent le plus rapide caractérisant toutes les étoiles connues. 

[3] Les instruments utilisés dans le cadre de cette étude sont : HARPS installé sur le télescope de 3,6 metres de l’ESO; UVES sur le VLT de l’ESO; HARPS-N sur le Télescope National Galileo; HIRES sur le télescope Keck de 10 mètres; PFS sur le télescope Magellan de 6,5 mètres de Carnegie; APF sur le télescope de 2,.4 mètres de l’Observatoire Lick ; et CARMENES à l’Observatoire Calar Alto. En outre, des observations ont été effectuées au moyen du télescope de 90 cm installé à l’Observatoire Sierra Nevada, du télescope robotique de 40 cm de l’Observatoire SPACEOBS, et du Telescope Joan Oróde 80 cm de l’Observatoire Astronomique Montsec (OadM).

[4] L’histoire de cette découverte fera l’objet d’une narration détaillée au sein de l’ESOBlog publié cette semaine.

CRÉDIT: ESO

Mars Express surveille un nuage curieux.


Depuis le 13 septembre, Mars Express, de l'ESA, observe l'évolution d'une formation nuageuse allongée planant à proximité du volcan Arsia Mons, haut de 20 km, proche de l'équateur de la planète.

En dépit de son emplacement, cette caractéristique atmosphérique n'est pas liée à l'activité volcanique mais est plutôt un nuage de glace d'eau entraîné par l'influence de la pente sous le vent du volcan sur le flux d'air - ce que les scientifiques appellent un nuage orographique ou sous le vent - et un phénomène régulier. dans cette région.

Le nuage est visible dans cette vue prise le 10 octobre par la caméra de surveillance visuelle (VMC) sur Mars Express - qui l’a reproduite des centaines de fois au cours des dernières semaines - en tant que trait blanc allongé s’étendant sur 1500 km à l’ouest d’Arsia Mons. . À titre de comparaison, le volcan en forme de cône a un diamètre d’environ 250 km. 

Mars vient de vivre son solstice d'hiver dans l'hémisphère nord le 16 octobre. Dans les mois qui ont précédé le solstice, la plupart des activités nuageuses ont disparu sur de grands volcans comme Arsia Mons; son sommet est couvert de nuages pendant le reste de l'année martienne.

Cependant, il est connu qu'un nuage de glace d'eau récurrent, comme celui montré dans cette image, se forme le long du flanc sud-ouest de ce volcan - il avait déjà été observé par Mars Express et d'autres missions en 2009, 2012 et 2015. L'aspect du nuage varie tout au long de la journée martienne, sa longueur augmentant au cours de la matinée sous le vent du volcan, presque parallèle à l'équateur, et atteignant une taille aussi impressionnante qu'elle pourrait être vue même par les télescopes sur Terre.

La formation de nuages de glace d'eau est sensible à la quantité de poussière présente dans l'atmosphère. Ces images, obtenues après la  grande tempête de poussière qui a envahi la planète entière en juin et juillet , fourniront des informations importantes sur l’effet de la poussière sur le développement des nuages et sur sa variabilité tout au long de l’année.

Le nuage allongé planant près de Arsia Mons cette année a également été observé avec le spectromètre de cartographie visible et proche infrarouge, OMEGA, et la caméra stéréoscopique à haute résolution (HRSC) sur Mars Express, fournissant aux scientifiques une variété de données différentes pour étudier ce phénomène.

ESA

Lancement de BepiColombo vers Mercure


La mission BepiColombo de l’ESA et de la JAXA à destination de Mercure a décollé à bord d’une Ariane 5 depuis le port spatial de l’Europe à Kourou à 1 h 45 mn 28 s (TU) le 20 octobre pour une mission audacieuse qui a pour but de percer les mystères de la planète la plus proche du Soleil.

Le centre de contrôle de l’ESA à Darmstadt (Allemagne) a reçu à 4 h 21 TU, par l’intermédiaire de la station de poursuite de New Norcia, des signaux confirmant que le lancement s’est bien déroulé. 

BepiColombo est une initiative commune de l’ESA et de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA). Il s’agit de la première mission européenne à destination de Mercure, la planète la plus petite et la moins explorée à ce jour du Système solaire interne. Ce sera également la première mission constituée de deux engins spatiaux qui effectueront simultanément des mesures complémentaires de la planète et de son environnement dynamique. 

«Le lancement de BepiColombo est une étape importante pour l'ESA et la JAXA, et de nombreux succès seront à venir», a déclaré Jan Wörner, directeur général de l'ESA.

«Au-delà de ce parcours difficile, cette mission rapportera une énorme richesse scientifique. C’est grâce à la collaboration internationale, aux décennies d’efforts et au savoir-faire de tous ceux qui ont participé à la conception et à la construction de cette incroyable machine, que nous en sommes maintenant à la recherche des mystères de la planète Mercure.BepiColombo s'approchant de Mercure«Nous félicitons Ariane 5 pour le lancement réussi de la mission d'exploration conjointe Mercury entre BepiColombo et ESA-JAXA», a déclaré Hiroshi Yamakawa, président de la JAXA.

«Je voudrais exprimer ma gratitude pour l’excellent travail réalisé dans le cadre des opérations de lancement. La JAXA espère beaucoup que les observations détaillées qui en découleront sur la surface et l'intérieur de Mercure nous aideront à mieux comprendre l'environnement de la planète et, en définitive, l'origine du système solaire, y compris celui de la Terre. "

BepiColombo comprend deux orbiteurs scientifiques: le Mercury Planetary Orbiter (MPO) de l'ESA et le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) de la JAXA. Le module de transfert de mercure (MTM) construit par l'ESA transportera les orbiteurs vers Mercury à l'aide d'une combinaison de survols à propulsion électrique solaire et à assistance gravitationnelle, avec un survol de la Terre, deux à Vénus et six à Mercure, avant d'entrer en orbite à Mercure tard 2025.

«Il nous reste un long chemin à parcourir avant que BepiColombo commence à collecter des données pour la communauté scientifique», déclare Günther Hasinger, directeur scientifique de l'ESA.

«Des projets comme la mission Rosetta et leurs découvertes révolutionnaires, même des années après leur achèvement, nous ont déjà montré que des missions d'exploration scientifiques complexes valaient la peine d'attendre.» 

Animation visualisant le voyage de BepiColombo vers Mercure



Les deux orbiteurs scientifiques pourront également utiliser certains de leurs instruments pendant la phase de croisière, offrant ainsi des occasions uniques de collecter des données scientifiquement utiles à Vénus. De plus, certains des instruments conçus pour étudier le mercure d’une manière particulière peuvent être utilisés de manière complètement différente chez Vénus, dont l’atmosphère est épaisse par rapport à la surface exposée de Mercure.

"BepiColombo est l'une des missions interplanétaires les plus complexes que nous ayons jamais menées", a déclaré Andrea Accomazzo, directeur des vols à l'ESA de BepiColombo.

«L'un des plus grands défis est l'énorme gravité du Soleil, qui rend difficile la mise en orbite stable d'un engin spatial autour de Mercure. Nous devons constamment freiner pour assurer une chute contrôlée vers le Soleil, les propulseurs ioniques fournissant la faible poussée nécessaire sur de longues durées de la phase de croisière. ”Fermeture du carénage d’Ariane 5 sur la pile de véhicules spatiauxParmi les autres défis, citons l'environnement de température extrême que le vaisseau spatial va supporter, allant de -180ºC à plus de 450ºC - plus chaud qu'un four à pizza. Bon nombre des mécanismes et des revêtements extérieurs de l’engin spatial n’avaient pas encore été testés dans de telles conditions.

La conception générale des trois modules du vaisseau spatial reflète également les conditions intenses auxquelles ils seront confrontés. Les grands panneaux solaires du module de transfert doivent être inclinés à angle droit pour éviter les dommages dus aux radiations, tout en fournissant suffisamment d'énergie à l'engin spatial. Sur le MPO, le radiateur large permet au vaisseau spatial d’évacuer efficacement la chaleur de ses sous-systèmes, de refléter la chaleur et de survoler la planète à des altitudes plus basses que jamais. Mio à huit faces tournera 15 fois par minute pour répartir uniformément la chaleur du soleil sur ses panneaux solaires afin d'éviter une surchauffe.

«Voir le décollage de notre vaisseau spatial dans l'espace est un moment que nous attendons tous», déclare Ulrich Reininghaus, responsable du projet BepiColombo à l'ESA.

«Nous avons surmonté de nombreux obstacles au fil des ans et les équipes sont ravies de voir maintenant BepiColombo en route pour l'intrigante planète Mercury."Orbites de BepiColomboQuelques mois avant d'arriver à Mercury, le module de transfert sera largué, laissant les deux orbiteurs scientifiques - toujours connectés l'un à l'autre - capturés par la gravité de Mercury. Leur altitude sera ajustée à l'aide des propulseurs de MPO jusqu'à atteindre l'orbite polaire elliptique souhaitée par MMO.

Ensuite, MPO se séparera et descendra sur sa propre orbite à l’aide de ses propulseurs. Ensemble, les orbiteurs effectueront des mesures qui révéleront la structure interne de la planète, la nature de la surface et l'évolution des caractéristiques géologiques - y compris la glace dans les cratères ombragés de la planète - et l'interaction entre la planète et le vent solaire.

"L'un des aspects uniques de cette mission est de surveiller simultanément la planète depuis deux endroits différents: c'est vraiment essentiel pour comprendre les processus liés à l'impact du vent solaire sur la surface de Mercure et son environnement magnétique", ajoute BepiColombo, de l'ESA. le scientifique du projet, Johannes Benkhoff.

«BepiColombo s’appuiera sur les découvertes et les questions soulevées par la mission Messenger de la NASA pour fournir la meilleure compréhension possible de l’évolution du système solaire et du mercure à ce jour, ce qui sera essentiel pour comprendre comment les planètes gravitant autour de leurs étoiles dans les systèmes exoplanètes se forment et évoluent, aussi."

 Regardez la retransmission de la couverture de lancement en direct depuis Spaceport.

 
ESA/CNES/Arianespace

Cinéma : L'énigme Armstrong


RYAN GOSLING INCARNE NEIL ARMSTRONG À L'ÉCRAN. CRÉDIT : UNIVERSAL PICTURES

Dans First Man, en salles à partir du 17 octobre 2018, Ryan Gosling joue un Neil Armstrong mutique et secret. Un pilote d'exception dont le chemin vers la Lune fut ponctué de drames.Tout le monde connaît le nom du premier homme à avoir marché sur la Lune. Mais qui connaît vraiment cet homme ? First Man raconte la vie de Neil Armstrong entre 1961 et 1969, des années décisives dans la trajectoire du pilote qui furent aussi les plus éprouvantes de sa vie....


Les "16 levers de Soleil" de Thoma Pesquet
à découvrir au cinéma.


Le long-métrage documentaire « 16 Levers de Soleil », qui retrace l’épopée spatiale de l’astronaute de l’ESA Thomas Pesquet, sort sur grand écran le mercredi 3 octobre 2018.

Pierre-Emmanuel Le Goff, le réalisateur de « 16 Levers de Soleil », a fait le choix de présenter les images à la manière d’un échange entre l’astronaute, Thomas, et l’écrivain et aviateur Antoine de Saint Exupéry, dont Thomas avait emporté les œuvres complètes à bord de la Station spatiale internationale lors de sa mission Proxima, de novembre 2016 à juin 2017.

« Mon but en acceptant de faire ce documentaire était de mettre un beau point final à la mission Proxima, » explique Thomas, qui reconnaît qu’avoir cette pression supplémentaire sur les épaules n’a pas toujours été simple à vivre. « Ce film ne faisait pas partie des objectifs de ma mission; les images ont été tournées pendant mon temps libre, avec la collaboration amicale et indispensable de mes coéquipiers à bord de la Station!».

Pierre-Emmanuel Le Goff nous emmène d’abord à Baïkonour vivre les journées qui ont précédé le décollage de Thomas, où nous assistons à des instants vécus dans l’intimité de la famille et de l’équipage. Le décollage et le voyage ensuite, l’arrivée à bord de la Station, les premières impressions, et la routine des expériences scientifiques, du sport, de l’observation de la Terre. L’actualité telle quelle est vue et ressentie par les six membres d’équipages, les fêtes, les sorties extra-véhiculaires, l’arrivée des cargos de ravitaillement, et toujours, omniprésente, la science. Le retour sur Terre du Soyouz MS-03 marque la fin des images tournées à la première personne par Thomas lui-même.

"Il a un vrai regard de cinéaste. Il nous a ramené des séquences inattendues", explique Pierre-Emmanuel Le Goff, qui avait fourni à Thomas un plan de tournage, « parce que peu de personnes le réalisent, mais un documentaire, ça s’écrit, » précise-t-il avec le sourire.

C’est le saxophoniste Guillaume Perret qui signe la bande originale du film, et le titre « Into the Infinite » a été enregistré au saxophone par Thomas lui-même à bord de la Cupola, le module européen « avec vue » de la Station spatiale internationale.

La Terre comme vous ne l'avez jamais vue


Depuis juillet 2015, un satellite de la NASA positionné entre la Terre et le Soleil nous transmet des images quotidiennes de notre planète. En les transformant en une vidéo de la Terre en rotation, Blueturn offre une expérience unique, interactive et intimiste, et nous donne à voir la Terre comme nous ne l’avons jamais vue.

Nous sommes les enfants de la Terre. Mais l’impact de nos 7 milliards d’actes quotidiens constitue la source de la crise écologique actuelle. Limités par la perception de nos cinq sens, nous vivons toujours dans l’illusion d’un monde infini. Comment changer cette vision et accéder à un niveau de conscience planétaire ?

Les pulsars - et le projet einstein@home

Aujourd'hui, il est très facile de participer à la recherche de pulsars, en installant un simple logiciel de calcul distribué.


Einstein@Home qu'est-ce que c'est ?
Einstein@Home est un programme qui utilise les temps d'inactivité de votre ordinateur afin de rechercher des ondes gravitationnelles provenant d'objets compacts isolés en rotation (parmi lesquels les pulsars) à l'aide de données provenant des détecteurs d'ondes gravitationnelles du LIGO.


Vous souhaitez essayer einstein@home ?

Téléchargez et installez BOINC manager
Lancez BOINC manager.
Dans le menu Outils, cliquez sur "Ajouter un projet".
Sélectionnez einstein@home dans la liste.


Qu'est-ce qu'un Pulsar ?

Il s'agit d'une étoile massive qui arrive en fin de vie, elle a transformé tout son hydrogène en hélium, elle explose en supernova.

Son enveloppe externe se volatilise et son coeur s'effondre sous l'effet de la gravitation et donne naissance à une étoile à neutrons.  Cette étoile à neutrons tourne très rapidement sur elle-même (plusieurs fois par seconde) et projette un faisceau de radiations très intenses dans l'espace autour d'elle, un peu comme la lumière d'un phare. 

La taille moyenne d'un pulsar n'est que de quelques 10 à 20 km de rayon, pour une masse comprise entre 1.5 et 3 fois la masse du Soleil. Ce qui signifie que la densité est absolument énorme ! 1 milliard de tonnes de matière tiendrait dans un petit cube de sucre... ou encore la pyramide de Khéops serait comprimée dans une bille de 1.8mm de diamètre !